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Mix : Grégoire - Je t'envoie mon courage
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Déclaration d'amour d'un petit-enfant à ses grands-parents, d'un enfant à ses parents, en ces temps de confinement à tous ceux entourés par la solitude
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2020-11-27T10:08:28+01:00
Avatar film complet en français - Je te vois
Je te vois " est pour moi sans conteste une des phrases la plus belle
et la plus puissante du film Avatar.
Je te vois tel que tu es tout au fond de toi, là où réside ton âme,
Je te vois sans te juger, sans te blâmer, en accueillant tout de toi,
Je te vois sans attendre quoi que ce soit de toi car mes attentes et mes projections pourraient t'abimer et voiler ton identité profonde,
Je te vois dans toutes tes dimensions et riche de toutes tes expériences,
Je te vois car je sais déjà que tu es un être complet et parfait,
Je te vois, c'est ma façon de t'accueillir sans conditions, et en faisant cela, je te permets à toi aussi de te voir et de t'accueillir tel que tu es,
Je te vois, c'est t'autoriser à être, à irradier, sans filtres, sans masques et sans peurs,
Je te vois "
[Géraldine Amelin]
2020-11-26T05:42:00+01:00
Zabou music douceur sensualité
2020-11-25T07:16:33+01:00
10 CHOSES QUE LES CHATS AIMENT FAIRE - Ce que j’ai appris de mon chat
Voilà bientôt quinze ans que j’ai un chat.
Si vous-même en avez un, vous savez que le terme « maître » est très relatif avec un chat. C’est souvent lui le maître !
Mais un chat est souvent aussi un maître… d’école.
Nous avons beaucoup à apprendre des chats. Voici ce que le mien m’a appris.
Leçon d’anti-fatalisme
La première chose que m’a appris mon chat, avant même son arrivée, c’est à ne pas être fataliste.
Enfant, j’ai été diagnostiqué d’un fort asthme allergique aux acariens et aux poils de chat.
Après plusieurs crises sévères, nous avions dû nous séparer de Socrate, le chat qu’avait adopté ma sœur avant ma naissance, et ç’avait été un crève-cœur.
J’avais intégré que je ne pourrais jamais avoir de chat. Cela me rendait d’autant plus triste que j’aimais beaucoup ces animaux… mais, « pour ma santé » il fallait que je me tienne à distance.
C’est ce que je me disais encore à l’âge adulte. Et puis, un jour, une amie a recueilli des chatons abandonnés sur le parking d’un centre commercial. Il y en avait quatre.
Était-ce par besoin de conjurer le sort ? Ou simplement de rendre service à mon amie ?
Toujours est-il que lorsqu’elle me proposa d’adopter l’un d’entre eux… je répondis « oui » sans même l’avoir vu !
C’est ainsi que j’accueillis chez moi une toute petite boule de poils noire et blanche.
J’avais à l’époque pour compagne une tchèque, qui m’avait appris que « Cernobila » signifiait « noire et blanche » dans sa langue. C’est ainsi que je baptisai ma chatonne.
Cernobila n’a jamais réveillé mon asthme allergique.
En l’adoptant « à l’aveugle », c’est-à-dire en suivant spontanément mon pressentiment, je me suis libéré de la condamnation « tu ne pourras jamais avoir de chat » que j’avais intégrée depuis tout petit.
Je serais incapable de vous en donner la raison : il existe des chats bien moins allergènes que d’autres, et mon chat est peut-être l’un d’entre eux. Il se peut aussi que mon inconscient ait intégré l’arrivée de ce chat et « désactivé » le danger que cela représentait.
Peu importe : son arrivée m’a permis de dépasser ce qui m’apparaissait comme une fatalité.
Cela m’a servi à d’autres reprises dans la vie, notamment après mon accident de la circulation à Londres. Médecins et rééducateurs m’avaient annoncé que je boiterais à vie et que je ne pourrais plus jamais faire de vélo.
Aujourd’hui, mêle si j’ai une arthrose très avancée au genou suite aux multiples fractures de ma rotule, je peux faire du vélo, et je ne boite pas… et croyez-le ou non, c’est un peu grâce à mon chat, qui est la preuve vivante qu’un pronostic médical n’est pas parole d’évangile !
Il m’a montré la meilleure façon de s’adapter
Depuis que j’ai ce chat, il s’est produit de nombreux changements dans ma vie. J’ai déménagé sept fois, vécu dans quatre pays différents, et eu trois enfants.
Lui qui n’avait rien demandé, comment vivait-il tous ces changements ?
Fausse question, mais vraie réponse : le chat prend la vie comme elle vient.
Il s’adapte à toute nouvelle situation, et cette capacité tient à deux de ses traits de caractère apparemment irréconciliables : il est casanier et curieux !
Casanier, car il a ses petites habitudes : le placard où il aime se réfugier pour être tranquille, le petit coin de canapé pour y faire l’une de ses nombreuses siestes, le rebord de fenêtre depuis lequel observer les pigeons et les passants…
Mais dans le même temps, il est irrésistiblement attiré par la nouveauté. Tout nouvel arrivant, qu’il s’agisse d’une personne, d’un meuble ou d’un vêtement, est tout d’abord dûment observé de loin, puis reniflé de près, et ensuite adoubé ou non.
A chacun de mes déménagements, je suis fasciné par sa méthode de reconnaissance tous azimuts des nouveaux lieux : il file ventre à terre, explore le moindre recoin, et au bout d’une heure ou deux, a déjà élu un coin préféré où se poser les pattes en rond.
Le chat sait ce qui est bon pour son confort et son bien-être : tout changement de situation ne le fait renoncer ni à l’un ni à l’autre, mais l’invite au contraire à explorer ce qui peut lui être bon.
Une leçon d’adaptation que je résume comme suit : « pas de panique, voyons comment je peux tirer profit de cette nouvelle situation ! »
Il a appris à mes enfants à respecter la liberté d’autrui
Mon chat a été en quelque sorte le premier membre de la famille que j’ai fondée. Il a donc assisté à l’arrivée de mes trois enfants.
Et il leur a appris, à tous les trois, quelque chose de fondamental : le respect de la liberté d’autrui.
Les chats sont des animaux farouchement solitaires et indépendants. S’ils apprécient les caresses, c’est seulement quand ils en ont envie. Même domestiqués, ce sont des bêtes très libres.
Mes enfants ont appris avec lui à comprendre et à respecter cette liberté.
A chaque arrivée de bébé, Cernobila venait observer et renifler le nouveau-né, comme il se doit, et s’en tenait par la suite respectueusement à l’écart.
Lorsque mon fils aîné a commencé à ramper, l’un de ses premiers objectifs dans la vie a été de poursuivre cette peluche ambulante… et, quand il y arrivait, de lui tirer la queue !
Le chat a été très patient avec lui, et jamais agressif : parfois il lui mettait un petit coup de patte, sans sortir les griffes, puis se carapatait.
Mon fils a peu à peu appris à ne pas courir après le chat, mais à attendre qu’il vienne vers lui : le chat n’était pas une peluche à sa disposition, mais un être vivant avec lequel partager un moment de tendresse.
Il l’a si bien appris qu’aujourd’hui, lorsqu’il se met au lit le soir, le chat vient systématiquement de lui-même se coucher sur lui en ronronnant… avant de faire la même chose sur moi plus tard dans la soirée !
Avec ma petite dernière, qui aura bientôt deux ans, ç’a été peu ou prou la même chose : à six mois elle savait ramper, et s’est mis à poursuivre le chat. Mais elle a aussi compris qu’en fonçant bille en tête vers lui avec des gestes brusques, le chat généralement s’enfuyait.
Elle a appris, avec lui, à être plus douce et patiente, et désormais lorsque le chat vient la voir et frotte sa tête contre elle, ma petite dernière est la plus heureuse des fillettes.
Avec le chat, chacun de mes trois enfants a appris à « apprivoiser » l’autre : je vois au quotidien comment ils tirent profit de cette leçon dans leurs rapports aux animaux, mais aussi aux êtres humains.
L’exemple du calme, de la patience et de la détermination
Sauf quand ils jouent, les chats sont généralement d’un calme olympien. Ils sont économes de leur énergie et l’utilisent à bon escient.
Par ailleurs, Cernobila n’est pas un chat vindicatif qui miaule à tout bout de champ, pour un oui ou pour un non.
Quand elle veut quelque chose, elle attend calmement, soit qu’une occasion favorable se présente, soit qu’on la remarque. Il est rarissime qu’elle miaule, elle s’exprime plutôt par des sortes de brefs roucoulements.
Cela a deux effets positifs.
- Elle n’énerve personne, mais sa détermination et sa patience nous incitent, nous humains, à prendre en compte ce qu’elle veut visiblement mais « discrètement » – qu’on lui donne des croquettes quand elle s’assoit devant sa gamelle, ou qu’on lui ouvre la porte quand elle reste devant ;
- Quand elle miaule effectivement, cela est tellement rare que nous faisons immédiatement attention à elle.
Je n’ai toujours eu qu’à me féliciter de suivre son exemple : exprimer incessamment ses demandes, quelles qu’elles soient, produit un effet de saturation chez votre interlocuteur, qui non seulement ne vous écoute plus, mais évidemment ne répond pas à ce que vous demandez.
Être à la fois calme, patient et concentré, comme le chat à l’affût de sa proie, permet de bondir au moment opportun et de ne pas rater sa cible.
Être économe de ses paroles permet de jouir d’une meilleure qualité d’écoute lorsque l’on s’exprime.
Il n’est jamais fatigué
Cette leçon-là peut prêter à sourire : les chats passent le plus clair de leur temps à dormir ou à végéter. Peut-être ! Mais quand ils sont éveillés, ils sont présents et « affûtés ».
Transposé à notre vie d’adulte, cela ne consiste pas à dormir toute la sainte journée, ni à chasser la souris la nuit venue… mais à être à l’écoute de notre besoin de sommeil afin d’être mieux éveillés le reste du temps.
Je vous ai déjà parlé dans une précédente lettre des bienfaits de la sieste. Je vous ai raconté comment je m’étais converti à cette méthode simple et efficace de « réparation » : mon chat m’y a aidé, en venant se lover au creux de mon bras lorsque je m’allongeais.
Il se la joue perso… mais il est là quand il le faut
Les chats ont la réputation d’être égoïstes… et c’est vrai. Mais c’est ce qui leur permet d’être généreux.
Leur égoïsme n’est pas une absence d’altruisme, bien au contraire ; cela pourrait se traduire par le proverbe : « charité bien ordonnée commence par soi-même ».
Il m’est déjà arrivé d’appeler et de chercher pendant des heures mon chat, en vain, et de le voir sortir en s’étirant de sa toute nouvelle cachette où il avait allègrement dormi.
Mon chat n’est certes pas au garde-à-vous… mais il est là quand on a besoin de lui. Lorsqu’un de mes enfants se blesse ou est malade, il vient spontanément lui tenir compagnie. Cela a un effet à la fois consolant et divertissant pour eux : ils oublient momentanément leur peine.
Moi-même, quand il m’arrive d’être souffrant, son arrivée a quelque chose de très réconfortant : il active sa fonction « bouillotte » en ronronnant contre moi.
La leçon que j’en tire ? En tant que père, en tant que rédacteur en chef de journaux de santé naturelle, j’ai très peu de temps pour moi : j’ai toujours quelqu’un ou quelque chose dont je dois m’occuper avant moi-même.
L’exemple de mon chat m’apprend à ne pas m’oublier, et à parfois penser à moi, avant de m’occuper de mes enfants ou de mes collaborateurs dont j’ai la responsabilité : il faut d’abord s’aider soi-même avant d’être en mesure d’aider les autres.
Ce n’est pas pour rien que, dans les avions, les consignes de sécurité nous rappellent toujours de mettre notre masque à oxygène avant de le mettre aux autres : on ne peut pas aider les autres si l’on n’est soi-même plus en mesure de le faire !
Si vous aussi vous avez de proches parents ou des affaires dont la responsabilité pèse sur vos épaules, n’oubliez pas qu’une condition capitale pour « tenir » consiste précisément à ne pas vous oublier vous-même : ménagez-vous des petits moments de plaisir pour vous faire du bien, vous ressourcer et tout simplement vous reposer.
Et vous ? Avez-vous également appris en prenant exemple sur votre chat, ou votre animal de compagnie ? Quelle(s) leçon(s) en avez-vous tiré ? Je vous invite à partager cet enseignement en commentaire de cette lettre.
Portez-vous bien,
Rodolphe
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Rédacteur en chef du mensuel Alternatif Bien-Être, je partage en exclusivité avec vous mes recherches sur la santé.
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2020-11-21T10:54:12+01:00
Épisode 1 : Après-guerre, espoirs et renouveau - Georges Perec - Je me souviens - liens des autres émissions
Episode 1 :
La vie quotidienne au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

Des femmes devant une affiche électorale à la veille des municipales d'avril 1945. C'est la première fois qu'elles ont accès au vote.• Crédits : INTERCONTINENTALE - AFP
Lorsqu’on a combattu, que l’on a été déplacé ou déporté, on commence par rentrer « chez soi ». Puis il faut apprendre à vivre en paix, faire face au deuil, à la pénurie de biens de première nécessité, imaginer l’avenir, organiser le réel…
Nationaliser, faire le choix de matériaux et d’énergies pour remettre sur pied les industries, l’habitat, les écoles : le temps des plans, des statistiques et des projections a sonné. C’est la société toute entière qui est mise en chiffres pour envisager une politique d’immigration, des rations alimentaires, le volume des maisons, les surfaces agricoles, les flux d’argents…
Mais c’est aussi l’avènement de certains droits, les femmes votent et une réflexion s’engage sur leur place nouvelle dans la société.
La suite et écouter
Georges Perec lit quelques extraits de je me souviens
Les autre émissions
2020-11-20T09:40:01+01:00
Pour faire face aux pandémies, une biodiversité protégée est notre meilleure alliée

Préserver de toute activité humaine de larges pans de la nature apparaît comme l’un des moyens les plus efficaces d’éviter la transmission de virus inconnus capables de provoquer des pandémies. Mais la mise en place stricte et indiscriminée de ce type de zones protégées provoque régulièrement la spoliation des peuples autochtones qui y vivaient depuis des siècles.
Si le coronavirus a été transmis aux humains par des animaux sauvages — chauve-souris ou pangolin — la solution ne serait-elle pas de laisser ces petites bêtes tranquilles ? Créer des aires protégées afin de limiter l’émergence de maladies infectieuses, voici l’une des pistes évoquées par le Giec de la biodiversité, l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques), dans un rapport publié le 29 octobre dernier. « Puisque le facteur principal d’émergence d’une maladie, c’est la perturbation des milieux naturels, une des réponses serait de préserver une biodiversité à un niveau élevé, résume Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB). Et une des façons de le faire, c’est de protéger les espaces. »
Les preuves s’accumulent en effet quant au lien entre augmentation des pandémies et déclin du vivant. Dans son rapport, l’IPBES estime à 1,7 million le nombre de virus inconnus chez les mammifères et les oiseaux, dont 850.000 qui pourraient infecter l’humain. « Le risque de pandémie survient quand les espèces sauvages sont mises en contact avec les humains, par la destruction de leurs habitats ou leur capture », rappelle Hélène Soubelet. Les experts du Giec de la biodiversité sont ainsi unanimes : le déploiement du Covid-19 a été rendu possible à cause des activités humaines. « Le changement d’usages des terres — via la déforestation, l’agriculture ou l’élevage, l’urbanisation — a causé l’émergence de plus de 30 % des nouvelles maladies répertoriées depuis 1960 », ont calculé les scientifiques. HIV, Ebola, Sras, Covid-19… Elles sont toutes apparues à la suite d’interventions humaines sur les milieux sauvages.
À l’inverse, poursuit Hélène Soubelet, « il y a de plus en plus de preuves qu’une biodiversité élevée peut diminuer le risque infectieux ». Ainsi, des études ont montré que plus un écosystème comprend d’espèces différentes, moins les agents pathogènes circulent d’une espèce à l’autre. « Un écosystème diversifié régule mieux le risque infectieux, avance la vétérinaire. C’est par exemple le cas de la maladie de Lyme, qui se répand moins vite dans un milieu où subsistent les prédateurs des rongeurs — porteurs des tiques qui transmettent l’infection — comme les renards. Certaines espèces peuvent également jouer le rôle de cul-de-sac épidémiologique, tels les vautours, qui peuvent se nourrir d’animaux infectés par la rage sans pour autant transmettre ensuite le virus. » Un article publié en août dans Nature a également montré que « les espèces hôtes zoonotiques les plus efficaces [autrement dit les animaux qui partagent des agents infectieux avec les humains] sont généralement plus susceptibles de persister dans des écosystèmes perturbés ».
À l’aune de ces données, des scientifiques promeuvent la création de zones exemptes d’activités humaines. « L’idéal serait de préserver une partie du territoire pour la libre évolution du vivant et la préservation des services écosystémiques associés, affirme Hélène Soubelet. Une aire protégée sert de refuge pour un certain nombre d’espèces, qui n’auront plus à venir côtoyer les humains. » En limitant les constructions, les prélèvements — chasse ou pêche — les activités agricoles ou extractives, mais également le tourisme, on réduit fortement les contacts entre faune sauvage et humains… et donc le risque de transmission de pathogènes.
Aujourd’hui, 15 % de la surface terrestre et 7,5 % des océans bénéficient d’un statut pour leur conservation, qui peut aller d’une interdiction totale de toutes activités (parcs nationaux) à des réglementations plus conciliantes — comme dans nos parcs naturels régionaux. Cependant, dans les faits « beaucoup de zones dites protégées ne sont pas effectivement préservées », dit Jean-François Silvain, président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité. Faute de moyens suffisants — tant pour leur gestion que pour leur contrôle —, elles restent souvent des « aires de papier ». Il existe ainsi 1.062 aires protégées en Méditerranée, soit 6 % de la superficie de cette mer ; mais seulement 0,23 % bénéficie d’une protection efficace. « Il s’agit donc d’étendre les espaces concernés, mais également de les renforcer », observe M. Silvain. Nombre d’organisations environnementales et d’États — la France et le Costa Rica en tête — ont un objectif de 30 % de zones terrestres protégées d’ici 2030, dont au moins 10 % en « protection forte ». Ils espèrent obtenir la généralisation de cette ambition lors des négociations de la COP15 Biodiversité (Conference of parties au traité sur la biodiversité) prévue fin 2021 en Chine.
L’idée, séduisante au premier abord, ne fait cependant pas consensus. « Les aires protégées sont à la mode, surtout en ces temps de pandémie, mais on oublie leur coût humain exorbitant, dit Fiore Longo, de Survival International. Leur création entraîne très souvent des expulsions des peuples autochtones qui vivaient dans ces zones en préservant et en protégeant les écosystèmes mieux que quiconque. » En septembre dernier, près de 130 organisations ont ainsi envoyé une lettre inquiète aux responsables onusiens : « 300 millions de personnes pourraient être touchées si les droits des peuples autochtones et les droits d’autres propriétaires traditionnels des terres et gardiens de l’environnement ne sont pas mieux protégés. »
« On n’est pas contre la protection de 30 % de la Terre, précise Mme Longo, mais contre l’objectif de 30 % d’aires protégées. La majorité des aires vont être créées là où il y a de la biodiversité, ce qui correspond bien souvent aux zones de vie des peuples autochtones. Or dans de tels espaces, il n’est souvent plus possible de chasser, de pêcher, de cueillir, ni même parfois d’entrer. » L’ONG Survival a ainsi documenté plusieurs cas où la création de parcs a entraîné des expulsions ou une répression des communautés locales. En Inde, la création de certaines réserves de tigres a provoqué le déplacement des peuples autochtones qui vivaient pourtant dans ces zones — et cohabitaient avec les fauves — depuis des siècles. Au Congo, des pygmées Baka ont été arrêtés, emprisonnés et agressés par des gardes forestiers chargés de patrouiller dans les réserves. « Les aires protégées relèvent du colonialisme vert, dénonce Fiore Longo. Elles sont imposées aux communautés locales, souvent sans leur consentement. Et cela nuit in fine à l’environnement. » Selon la militante, « les territoires où vivent des peuples autochtones sont aussi bien sauvegardés, sinon mieux, que des aires protégées, car ils préservent leur lieu de vie, ils ne l’exploitent pas. »

- En Inde, des personnes ont été déplacées pour faire place à des réserve de tigres, alors qu’elles vivaient depuis longtemps avec le grand félin.
« La question de la place à accorder aux humains dans ces zones de conservation fait débat, reconnaissait l’ambassadeur de la France pour l’environnement, Yann Wehrling, lors d’une conférence organisée par la FRB sur le sujet. Nous devons nous entendre sur une définition commune, à l’échelle internationale, de ce que doit être une aire protégée ». Hélène Soubelet plaide quant à elle pour « des zones avec une réglementation stricte des activités, qui doivent être vertueuses pour les écosystèmes ». Mais elle reste convaincue de l’importance d’une préservation forte de la planète, « pour l’avenir de l’espèce humaine ». En 2018, trois chercheurs ont modélisé notre dépendance aux services écosystémiques : selon eux, une trop forte augmentation de la production alimentaire se ferait au détriment des services de régulation fournis par la nature — dont la régulation des pandémies, mais également la pollinisation, la qualité de l’air et de l’eau — et entraînerait un déclin inexorable de la population humaine. À l’inverse, une diminution de la production alimentaire pourrait provoquer des famines récurrentes. La voie pour notre survie paraît donc étroite : « Pour nourrir toute la population et maintenir une conservation de la biodiversité et des services écosystémiques, l’équipe de chercheurs prédit qu’il existe un compromis autour de 10 milliards d’humains et 40 % de la superficie terrestre en aires protégées », conclut Hélène Soubelet.
La future Stratégie pour les Aires protégées 2020-2030 est actuellement en cours d’élaboration, avec comme objectif d’atteindre une protection de 30 % du territoire, en France hexagonale et dans les territoires ultramarins, avec 10 % en protection forte. Mais d’après France Nature Environnement, « en l’état, la stratégie projetée et son plan d’actions ne permettront pas d’atteindre les ambitions affichées ». L’objectif précédent, de 2 % de terres sous protection forte au cours des dix dernières années, n’a déjà pas été atteint. L’ONG souligne deux lacunes principales dans le projet actuel de stratégie : d’une part, il « développe une logique quantitative en termes de surfaces protégées, sans prioriser les habitats ou écosystèmes qui nécessitent le plus un classement de protection ». En clair : on privilégie la quantité au détriment de la qualité. D’autre part, le projet sur la table ne contient « pas d’engagements sur la question des moyens humains et financiers à dédier à la stratégie, ni la perspective de ressources nouvelles et pérennes pour les aires protégées ».
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2020-11-20T05:58:00+01:00
Discours d’investiture du vice président de Bolivie M David Choquehuanca. 08.11.2020
2020-11-19T06:17:00+01:00
Les petits patrons font de la résistance
Déjà fragilisés par la première vague, les petits commerçants vivent difficilement la deuxième vague du coronavirus. Quelle place ont-ils dans le tissu économique français ?

Les librairies indépendantes ont bénéficié d'un mouvement de solidarité important au début du deuxième confinement.• Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP
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Les modalités de ce deuxième confinement sont peut-être allégées par rapport au premier, mais pour les petits patrons, l'enjeu est de taille. Contraints à baisser le rideau ou du moins à changer profondément leurs pratiques, les commerçants peinent à affronter la concurrence acharnée des « géants du web » en général et Amazon en particulier. Près de 100 000 dépôts de bilan pourraient ainsi être provoqués en 2021, selon la confédération des petites et moyennes entreprises, soit le double d’une année normale.
Extrêmement nombreux et composant un tissu économique essentiel au PIB français, les petits patrons sont pourtant peu ou pas en compte. Ils sont insuffisamment représentés et souvent dénigrés. Dans l'imaginaire collectif comme dans la théorie économique, ils incarnent une frange « anti-progrès » composée d’individus veillant quasiment exclusivement à leurs intérêts propres et mus par un amour immodéré de la propriété. Les petits patrons, constamment évoqués, jamais bien définis peinent à se trouver une place dans une société qui a tendance à valoriser le mythe des grandes familles d’entrepreneurs industriels.
La donne est-elle entrain de changer avec la crise du coronavirus ? Le mouvement de solidarité qui s'est propagé en soutien aux libraires indépendants marque-t-il une nouvelle tendance ? Pour parler de cette catégorie socioprofessionnelle méconnue, nous avons fait appel à Olivier Torres, professeur à l'Université de Montpellier et Montpellier Business School et Sophie Boutillier, docteur en sciences économiques et en sociologie, maître de conférences habilitée à diriger des recherches en économie et directrice du Centre de Recherche sur l’Économie en Mutation et l’Entreprise du laboratoire de Recherche sur l’Industrie et l’Innovation (Lab.RII) de l’Université du Littoral Côte d’Opale (Dunkerque).
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