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2020-03-10T09:05:10+01:00

Et si l'astéroïde qui a tué les dinosaures avait impulsé la vie moderne ?

Publié par Rose du Sud

Il y a 66 millions d'années, un voile funèbre a recouvert notre planète suite à l'impact cataclysmique d'un astéroïde dont on observe encore aujourd'hui les cicatrices dans la péninsule du Yucatán : un cratère large de plus de 180 km centré sur la ville mexicaine de Chicxulub Puerto. Cet impact a soulevé plus de 50 000 km³ de débris qui ont causé un hiver planétaire long de plusieurs décennies et acidifié les océans. Au lever du voile, trois quarts des espèces et notamment de nombreux dinosaures avaient disparu.

Pourtant, avec le recul, les répercussions n'étaient pas totalement négatives.

Selon les recherches menées par une coopération internationale d'une trentaine de scientifiques, l'extinction massive qui marque la fin du Crétacé aurait permis aux océans d'atténuer les effets d'une éruption volcanique gigantesque survenue à la même période que l'impact de Chicxulub. Dans le sillage de cet astroblème, les mers auraient été plus disposées à absorber les énormes volumes de gaz à effets de serre dégagés par les trapps du Deccan, un plateau volcanique situé dans l'Inde actuelle. Sans cette généreuse absorption de la part des océans, un épisode de réchauffement climatique aurait fait s'abattre le chaos sur les premiers mammifères et les nombreuses espèces qui avaient survécu à l'impact.

 
Comprendre : Les dinosaures
 
Comprendre : Les dinosaures

Des études suggèrent que cette extraordinaire éruption était déjà à l'œuvre depuis 400 000 ans lorsque l'astéroïde s'est écrasé sur Terre et certains scientifiques soutiennent même que les gaz volcaniques auraient été partiellement responsables de l'extinction massive. Cependant, d'après de nouvelles estimations des températures mondiales de l'époque publiées le 16 janvier dans la revue Science, il semble peu probable que ces colosses volcaniques aient contribué au trépas des dinosaures.

Il semblerait donc que l'astéroïde ait agi seul. Qui plus est, son influence radicale sur le plancton océanique aurait réduit les effets du réchauffement planétaire induit par les 300 000 ans d'éruptions volcaniques qui ont suivi.

Il y a 66 millions d'années, un voile funèbre a recouvert notre planète suite à l'impact cataclysmique d'un astéroïde dont on observe encore aujourd'hui les cicatrices dans la péninsule du Yucatán : un cratère large de plus de 180 km centré sur la ville mexicaine de Chicxulub Puerto. Cet impact a soulevé plus de 50 000 km³ de débris qui ont causé un hiver planétaire long de plusieurs décennies et acidifié les océans. Au lever du voile, trois quarts des espèces et notamment de nombreux dinosaures avaient disparu.

Pourtant, avec le recul, les répercussions n'étaient pas totalement négatives.

Selon les recherches menées par une coopération internationale d'une trentaine de scientifiques, l'extinction massive qui marque la fin du Crétacé aurait permis aux océans d'atténuer les effets d'une éruption volcanique gigantesque survenue à la même période que l'impact de Chicxulub. Dans le sillage de cet astroblème, les mers auraient été plus disposées à absorber les énormes volumes de gaz à effets de serre dégagés par les trapps du Deccan, un plateau volcanique situé dans l'Inde actuelle. Sans cette généreuse absorption de la part des océans, un épisode de réchauffement climatique aurait fait s'abattre le chaos sur les premiers mammifères et les nombreuses espèces qui avaient survécu à l'impact.

DES PALMIERS PLANCTONIQUES

Dans les carottes vaseuses de sédiment extraites du plancher océanique, la soudaine disparition des espèces de plancton à coquille de calcaire coïncide généralement avec une couche de petites billes de verre retombées après l'impact de l'astéroïde, explique Pincelli Hull, paléocéanographe à l'université Yale et coauteur de l'étude.

« Étant donné que ces espèces semblent avoir été particulièrement affectées par l'astéroïde, nous pensons que le soufre et l'oxyde nitreux dégagés par l'impact ont pu acidifier les océans et dissoudre les coquilles de ces créatures, » développe Hull, un peu comme lorsque vous jetez dans un verre de vinaigre un morceau de craie qui, rappelons-le, est constituée de restes de planctons à coquille. Toutefois, l'océan n'a jamais été aussi acide que ce verre de vinaigre, les coquilles de plancton se sont donc dissoutes bien plus lentement et l'eau n'a évidemment pas pétillé.

Par ailleurs, les mêmes sédiments peuvent nous en dire plus sur l'évolution des températures au fil du temps, ajoute Hull, une évolution qui devrait refléter le moindre effet significatif des gaz émis par les volcans du Deccan, notamment ceux du CO2.

« Les boues fines des profondeurs océaniques que nous retrouverons dans ces prélèvements ont une consistance rappelant le dentifrice, » rapporte Hull. « Elles ne sont pas constituées de roche, comme celles que nous connaissons sur terre, mais de fossiles microscopiques d'espèces de plancton calcaire tombées sur le plancher océanique après leur mort. »

La simple identification des planctons enchevêtrés dans les diverses couches de sédiments du plancher océanique peut nous donner une indication du climat océanique de l'époque et pour certaines espèces, « c'est un peu comme trouver des palmiers au pôle Nord, » illustre Pincelli.

Cela dit, les compositions chimiques de leurs coquilles contiennent encore plus d'informations.

Les températures de l'océan ont affecté les isotopes de carbone et d'oxygène que le plancton incorpore dans sa coquille protectrice. En combinant les données des boues océaniques collectées à travers le monde, les chercheurs ont pu reconstituer l'évolution des températures de la planète sur des centaines de milliers d'années.

 

DES TEMPS DIFFICILES

Pour cela, les chercheurs ont eu recours à un modèle informatique qui examine la relation entre l'évolution des températures de la planète et le cycle du carbone durant diverses périodes, y compris le présent.

Ce modèle a permis d'enrichir un débat vieux de 40 ans qui avait été ravivé par deux études publiées en février 2019, également dans la revue Science.

Les scénarios les plus étayés soutiennent que les gaz à effet de serre du Deccan auraient soit été majoritairement émis 200 000 à 350 000 ans avant l'extinction Crétacé-Paléogène, soit de façon équivalente avant et après cet événement. Cette dernière hypothèse d'une répartition égale a été émise pour la première fois par la géochronologue Courtney Sprain de l'université de Floride et ses collègues dans l'un des articles parus en février dernier.

« Je suis évidemment très contente de voir que cette étude corrobore nos résultats, » déclare Sprain, en ajoutant que les deux études de l'année dernière concordaient avec une émission de la moitié des gaz après l'impact de l'astéroïde. La principale différence étant que l'étude menée par la géochronologue Blair Schoene suggérait un pic de l'activité volcanique au cours des 100 000 ans qui ont précédé l'extinction. Ce pic aurait perturbé l'environnement et contribué, avec l'astéroïde, au carnage général qui a touché une grande partie des espèces de la planète.

Cependant, le nouveau modèle informatique ne conforte pas ce dernier scénario et suggère plutôt que les températures mondiales auraient diminué au cours de la période précédant la collision.

Une question reste toutefois en suspens, celle du volume de gaz émis avant et après l'extinction massive. L'analyse des périodes évidentes de réchauffement au plus près de l'astroblème révèle un pic aux alentours de 2 °C environ 200 000 ans avant l'extinction. Un autre épisode de réchauffement, moins prononcé cette fois, se serait produit 200 000 ans après l'événement.

Néanmoins, un réchauffement moindre ne signifie pas forcément que les volcans du Deccan émettaient moins de gaz, indique Donald Penman, géochimiste à l'université Yale et cocréateur des nouveaux modèles. Il existe une explication plus intrigante à ce phénomène.

« Après la disparition de la majorité du plancton calcaire, le modèle suggère que l'accumulation des composés que ces organismes utilisaient habituellement pour confectionner leurs coquilles aurait permis aux océans d'absorber davantage de CO2 volcanique et donc de réduire les effets du réchauffement climatique, » explique Penman.

Non impliquée dans la création des modèles, Heather Birch travaille en tant que micropaléontologue à l'université de Bristol en Angleterre. Elle s'accorde avec les auteurs de l'étude pour dire que la composition du plancton était nettement différente après l'impact de l'astéroïde et que cette différence a pu affecter l'absorption de carbone. Elle émet tout de même une réserve : « Seule une petite fraction du plancton se fossilise, il faudra donc poursuivre les recherches pour découvrir comment ces énormes volumes de CO2 ont pu être absorbés. »

Pour revenir à la situation actuelle, étant donné que les océans sont en train de s'acidifier, cette fois en raison d'une augmentation du CO2 induite par l'activité humaine, est-il possible qu'une nouvelle extinction massive du plancton calcaire vienne nous sauver des conséquences les plus dramatiques du changement climatique ?

Pour Hull, il est inutile d'espérer. Après l'hécatombe du plancton de la fin du Crétacé, les températures ont augmenté pendant des milliers d'années avant que les océans ne commencent à absorber du CO2. Sur une échelle pertinente pour la société humaine, cela voudrait dire que des millénaires de tourmente nous attendent.

Source : https://www.nationalgeographic.fr/

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2020-02-28T07:42:15+01:00

La maladie de l’information : Comment cela nous blesse et comment s’en échapper

Publié par Rose du Sud

Lien de l'image

https://www.planetesante.ch/Magazine/Psycho-et-cerveau/Deficit-de-l-attention-hyperactivite-TDA-H/Trouble-du-traitement-de-l-information-sensorielle-vraie-maladie-ou-simple-symptome

 

La maladie de l’information : Comment cela nous blesse et comment s’en échapper

Par Charles Chu traduit de l’anglais par Onur Karapinar

 

Ils appellent ça l’âge de l’information. Et pour une bonne raison.

Si je prends toutes les informations que nous avons aujourd’hui, les copie dans un CD-ROM, et les empile un par un, la pile atteindra la lune.

Dans The News: A User’s Manual, le philosophe Alain de Botton affirme que « plus de données s’écoulent dans le bâtiment [d’une entreprise mondiale d’information] en un seul jour que l’humanité en aurait généré dans son ensemble au cours des vingt-trois siècles entre la mort de Socrate et l’invention du téléphone. »

Ce sont beaucoup de données.

Mais, comme nous l’avons tous appris enfant avec des devoirs et des bonbons à Halloween, plus de quelque chose n’est pas toujours une bonne chose.

Nous, les humains, ne sommes pas conçus pour le monde de l’actualité et de l’information instantanée, il n’y a pas eu d’Instagram ou de cryptomonnaies dans la savane africaine.

Qu'est-ce que nous font toutes ces informations ? En échange de ce que nous avons gagné, qu'est-ce que nous avons perdu ?

 

Source : XKCD

La fatigue de l’information

Dans les années 1990, le dictionnaire anglais d’Oxford a ajouté un nouveau mot à sa collection : fatigue de l'information (information fatigue en anglais).

Un commentateur sur Hacker News a, je trouve, très bien décrit le sentiment :

Mon esprit est dans un état de course constant. C’est calme mais pas calme … Mon esprit semble avoir plusieurs niveaux. L’un d’entre eux est dirigé dans ce que je fais activement et un en dessous qui semble traiter l’information sans s’arrêter. … Toujours plus d’articles et de livres à lire, des spectacles à voir, des choses à faire dans ma vie personnelle et au travail. L’avancement de carrière.

Toutes ces choses ne s’arrêtent jamais … Elles restent dans l’arrière-plan tout en jacassant moi moi.

Ca devient épuisant.

Je connais des personnes qui ne supportent pas d’être séparées de leurs téléphones, pour se déconnecter du flux d’informations qui se répand sur Internet. Une simple conversation humaine les rend nerveux. D’abord, leurs jambes commencent à se tordre. Quelques minutes plus tard, leurs yeux commencent à courir autour de la pièce.

Ils sont devenus des cyborgs, et un seul coup d'œil sur leur téléphone ou sur leur appareil intelligent leur fournit un moment de fausse paix.

Stressé, malade et stupide aussi

La surexposition à l'information ne se contente pas seulement de nous stresser, elle nous rend aussi stupide.

Nous aimons penser que plus d'information signifie plus de connaissances et que cette connaissance, à son tour, conduit à des décisions intelligentes et à une vie meilleure.

Mais ce n'est pas toujours le cas. Dans Antifragile, l'ex-trader et philosophe Nassim Taleb écrit :

« …dans un environnement naturel, l’information est un facteur de stress. Trop d’information conduirait donc trop de stress, dépassant le seuil d’antifragilité. »

« En médecine, nous découvrons les pouvoirs de guérison du jeûne, comme éviter toute ruée hormonale qui accompagnent l’ingestion de nourriture. Les hormones véhiculent des informations sur les différentes parties de notre système, et trop d’entre elles embrouillent notre biologie. Là encore, comme avec les nouvelles reçues à une fréquence trop élevée, trop d’informations deviennent nocives — les nouvelles quotidiennes et le sucre perturbent notre système de la même manière. »

Dans le passé, l'information était rare et l'information était précieuse. Si un lion vous poursuit, vous faites attention.

Mais maintenant, dans l’économie de l’attention, tout le monde se bat pour être original, crie plus fort pour vendre leurs babioles ou son gadget qui est plus utile que celles des autres entreprises… Tout le monde, toute chose veut être un lion.

Nous sommes inondés dans un océan de bruit. Où est passé le signal ?

« Où est la sagesse que nous avons perdue dans la connaissance ? Où est la connaissance que nous avons perdue dans l’information ? »

— T. S. Eliot

Quelques solutions

« Pour atteindre la connaissance, ajoutez des choses tous les jours. Pour atteindre la sagesse, retirez les choses tous les jours. » — Lao Tzu

La plupart d'entre nous, moi-même inclus, recherchons des informations sans jamais nous demander si nous en avons vraiment besoin.

Si la surexposition à l'information conduit souvent à de mauvaises décisions. Si la consommer ne nous aide pas, notre famille, notre communauté ou notre travail, il est peut-être acceptable de se reposer et de prendre une pause, de quitter l'océan et de passer quelques instants dans le sable.

Comme les personnes à la diète qui doivent être judicieuses sur ce qu’ils mangent, nous pouvons prendre des décisions sages pour limiter et améliorer la qualité de l’information qui entre dans notre vie.

Voici quelques éléments qui ont fonctionné pour moi.

Quelques conseils :

  • Jeûner. Passez un week-end (ou une semaine, si vous le pouvez) loin de la technologie. Donnez votre ordinateur portable et votre téléphone à votre grand-mère et faites-lui promettre de ne pas vous les rendre. Aller au parc. Rouler dans l’herbe. Boire du vin. Chasser les pigeons. Peu importe.
  • Faire de longues promenades. Je me promène pendant 2 à 4 heures par jour. Cela m’aide à changer les idées après une longue session de lecture ou d’écriture. Même 30 minutes fait des merveilles.
  • Méditer. Ne le prenez pas trop au, mais passez du temps seul avec votre propre esprit. Il suffit de 5 minutes. Si vous ne pouvez pas rester assis pendant 5 minutes, cela en dit long sur vous.
  • Écrire un journal personnel. Prenez un certain temps chaque jour en vidant vos pensées sur le papier. Le matin ou le soir n’a pas d’importance. Je me sens rafraîchi et plus posé après cela l’avoir fait.
  • Arrêtez les informations. J’ai évité les infos et la télévision en grande partie depuis 7 ans maintenant. Les nouvelles importantes me parviennent toujours quoiqu’il arrive.

Et pour la consommation de d’informations :

  • Choisissez des sources « de qualité ». La qualité de l’information que vous obtenez dépend beaucoup de la source. Essayez de choisir des sources d’information qui vous sont réellement utiles (par exemple, The School of Life plutôt que BuzzFeed).
  • Limitez-vous. Acceptez que votre cerveau ne puisse prendre qu’une certaine quantité d’information par jour. Prenez des décisions à cet égard.
  • Lisez les choses anciennes. Les idées les plus utiles et les plus durables survivent à l’épreuve du temps. Les Lettres de Sénèque sont tout aussi pratiques aujourd’hui malgré le fait qu’elles ont 2000 ans.

Et, enfin, à chaque fois que je commence à ressentir le FOMO (peur de manquer quelque chose), je reviens sur les mots de Michel de Montaigne…

« Quand bien nous pourrions être savants du savoir d’autrui, au moins sages ne pouvons-nous être que de notre propre sagesse. »

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2020-02-27T08:31:26+01:00

Baleines échouées : les tempêtes solaires seraient responsables

Publié par Rose du Sud

En 2019, plus de 200 baleines se sont échouées sur les plages du monde. Et de nouveaux travaux montrent aujourd'hui que les tempêtes solaires pourraient être partiellement responsables. Elles aveugleraient les baleines qui seraient alors incapables de s'orienter dans les mers.

Des baleines qui s'échouent sur les plages. Ce n'est malheureusement pas si rare. Les sonars les poussent-elles au suicide ? Ou est-ce la faute de baleines pilotes malades ? Ou encore le résultat d'un manque de nourriture lié à la pêche intensive ? Des chercheurs de l'université Duke (États-Unis) apportent aujourd'hui une preuve que les tempêtes solaires peuvent avoir leur part de responsabilité en aveuglant les baleines grises (Eschrichtius robustus) et en provoquant ainsi leur perte.

Rappelons que certaines espèces de baleines parcourent chaque année des milliers de kilomètres, des eaux chaudes aux eaux plus froides, pour mettre bas d'une part et pour se nourrir d'autre part. La baleine grise est de celles-ci. Et ses périples seraient guidés par les champs magnétiques. Ce qui expliquerait pourquoi les tempêtes solaires peuvent mener les baleines à s'échouer.

Les éruptions solaires seraient l’une des causes des échouages de baleines sur nos plages. © Markus, Adobe Stock

Des baleines aveuglées par les tempêtes solaires

Pourtant, sur 186 échouages de baleines grises vivantes entre 1985 et 2018, pas de hausse des échouages les jours où les champs magnétiques étaient les plus perturbés. En revanche, celles-ci s'échouent deux fois plus fréquemment les jours où le nombre de taches solaires est élevé. Et plus de quatre fois plus lorsque les signaux radiofréquences qui nous arrivent du Soleil sont élevés.

Les chercheurs de l'université Duke en concluent que les tempêtes solaires perturbent les récepteurs magnétiques même des baleines. Ces dernières s'échouent non pas parce qu'elles reçoivent des informations de position erronées, mais parce qu'elles sont, en quelque sorte, aveuglées. Reste désormais à confirmer ces résultats sur d'autres espèces de baleines et en différents points du globe.

  • Plus de 30 années de données indiquent aux chercheurs que les migrations des baleines grises pourraient être orientées par les champs magnétiques.
  • Et ainsi se voir perturbées par les tempêtes solaires.
  • Plus précisément par les signaux radio-fréquences émis à ces occasions.
Nathalie Mayer
Journaliste

https://www.futura-sciences.com/sciences/personnalites/sciences-nathalie-mayer-1355/

 

Echouage de baleines : la cause serait... les tempêtes solaires

Si les cétacés s'échouent parfois en groupe, ce ne serait pas toujours à cause d'un « leader malade » ou des sonars militaires. La raison pourrait être céleste : cela serait aussi dû aux éruptions solaires. Explications.

Article de Jean-Luc Goudet paru le 17/09/2017

La cause de l'échouage des baleines serait... les tempêtes solaires. Ici, des globicéphales échoués sur la Côte d'Opale, près de Calais, en novembre 2015. © chrisberic, Fotolia

La cause de l'échouage des baleines serait... les tempêtes solaires. Ici, des globicéphales échoués sur la Côte d'Opale, près de Calais, en novembre 2015. © chrisberic, Fotolia 

Dans la longue quête des causes d'échouages collectifs de cétacés, la dernière possibilité est sûrement la plus originale. Publiée dans la revue International Journal of Astrobiology, elle situe l'origine du phénomène dans le soleil et ses colères. L'hypothèse n'est, pour l'instant, étayée par aucune preuve, seulement basée sur de bons arguments de l'équipe allemande de l'université Christian-Albrecht de Kiel. Klaus Heinrich Vanselow et ses collègues ont étudié de près une série de 29 échouages de cachalots (Physeter macrocephalus), uniquement des mâles et surtout des jeunes, survenus en mer du Nord entre fin janvier et début février 2016 sur les côtes d'Allemagne, des Pays-Bas et du Royaume-Uni.

Venus de la mer de Norvège, ces cétacés faisant route vers l'ouest auraient dû rejoindre l'Atlantique nord. Au lieu de cela, ils ont viré sur leur gauche et sont venus buter sur les côtes européennes. Les chercheurs n'indiquent pas de coïncidence précise avec une forte tempête solaire (il y a bien eu une éjection de masse coronale le 10 janvier 2016) mais s'appuient surtout sur un précédent travail de Klaus Heinrich Vanselow et Klaus Ricklefs. Publié en 2005, celui-ci montrait une corrélation statistique de 1712 à 2003 entre l'activité solaire et les échouages de cachalots (voir le lien en bas de l'article).

Sur cette animation, on peut voir les deux éruptions solaires survenues le 6 septembre 2017. © Nasa, GSFC, SDO

 

Les anomalies magnétiques tromperaient les cétacés

Dans cette nouvelle publication, l'équipe revisite cette hypothèse à la lumière des échouages de 2016. En bombardant la Terre de particules chargées au niveau des hautes latitudes, les tempêtes solaires engendrent de belles aurores polaires mais aussi des anomalies magnétiques temporaires. Or, insistent les auteurs, les dimensions de ces anomalies sont du même ordre de grandeur - 50 à 100 kilomètres - que celles dues aux structures géologiques formant l'océan et leurs amplitudes sont voisines aussi. En un point donné, elles correspondent à un décalage apparent en latitude qui peut atteindre 460 km. Comme elles durent environ une journée (un délai durant lequel les cachalots parcourent en moyenne 100 km), ces anomalies magnétiques peuvent être une cause d'erreurs de navigation.

Le fait que les individus échoués soient tous des mâles est logique car les femelles ne viennent pas, comme eux, s'alimenter dans les hautes latitudes. En revanche, il n'y a aucune raison pour qu'il y ait surtout des jeunes. C'est que, avancent les chercheurs, ils n'ont pas encore l'habitude de ces régions et de ces bizarreries fluctuantes de leur paysage magnétique.

Bien sûr, tout cela est spéculatif. Le sens du magnétisme chez les cachalots reste une hypothèse, de même que leur utilisation d'une topographie magnétique, qui leur permettrait de reconnaître les lieux où ils se trouvent. L'idée, cependant, est plausible. À la Nasa, Antti Pulkkinen, spécialiste de la physique du soleil, a monté une équipe pour étudier de plus près la corrélation entre les tempêtes solaires et les échouages de cétacés. On en saura sans doute plus d'ici quelque temps. Et peut-être bientôt puisque ce mois-ci est survenue une très forte éruption solaire...


Échouage massif de cétacés en Nouvelle-Zélande : quelle est la cause ?

Article de Bruno Scala publié le 17 novembre 2011

Soixante-deux globicéphales, des mammifères marins de la même famille que les dauphins, ont été découverts échoués sur une plage de Nouvelle-Zélande. Olivier van Canneyt, spécialiste des mammifères marins du centre de recherche de La Rochelle, explique à Futura-Sciences les causes pouvant mener à ce phénomène.

En début de semaine, une soixantaine de globicéphales ont été retrouvés sur une plage de Nouvelle-Zélande, à Farewell Spit (extrême nord de l'île du Sud), deux jours après l'échouage de 22 cachalots 1.500 km plus loin, en Tasmanie. Les scientifiques ont du mal à comprendre ce type de phénomènes et ils ont établi plusieurs hypothèses pour expliquer l'échouage massif des mammifères marins.

Cette fois, il s'agit de cétacés de la famille des delphinidés (ce sont donc de vrais dauphins et non des baleines). Le genre des Globicephalina comporte deux espèces :

  • les globicéphales noirs (Globicephala melas) qui vivent notamment au large des côtes françaises ;
  • et les globicéphales tropicaux (Globicephala macrorhynchus). C'est à cette espèce qu'appartiennent les animaux retrouvés en début de semaine.

« Difficile de mettre en évidence les causes d’un échouage »

Olivier van Canneyt est un spécialiste des mammifères marins. Il coordonne l'observatoire des populations de mammifères marins du centre de recherche de La Rochelle, qui avait été créé suite à la découverte sur les plages de l'île d’Yeu en décembre 1963 de... globicéphales. Il est également responsable du réseau du suivi des échouages, qui rassemble environ 300 volontaires et couvre l'ensemble des côtes françaises. Selon lui, « il est difficile de mettre en évidence les causes d'un échouage ».

Les globicéphales ont été retrouvés sur une plage de Farewell Spit, au nord de l'île du Sud, en Nouvelle-Zélande. © Futura-Sciences

En revanche, on constate que ce phénomène « touche souvent les mêmes espèces, qui sont très grégaires et dont la cohésion de groupe repose sur un ou plusieurs individus leaders ». Les membres d'un groupe suivent les déplacements des leaders. Une fois les animaux échoués, il est donc important d'identifier ces leaders et de vérifier leur état physique et sanitaire afin d'éventuellement confirmer l'hypothèse.

En effet, « le leader malade n'a plus les capacités de se déplacer à proximité des côtes : dans les eaux peu profondes, où la pente est faible, le système de repérage de ces animaux n'est plus aussi efficace, explique encore Olivier van Cannyet. Ils sont alors désorientés et éprouvent des difficultés à retrouver le large ». Ils finissent par s'échouer sur le sable.

Plusieurs hypothèses pour expliquer l'échouage

Mais l'hypothèse du leader malade, bien que la plus probable, n'a pas été démontrée dans le cas des globicéphales de Nouvelle-Zélande. En outre, des globicéphales noirs ont déjà été observés dans les pertuis charentais (entre la côte et l'île de Ré et l'île d'Yeu) où l'eau est peu profonde, et ils n'ont eu aucune difficulté à retrouver le large.

Ainsi, il n'est pas impossible qu'une cause différente soit à l'origine de l'événement de Farewell Spit. « Ces échouages ont souvent lieu dans les mêmes secteurs. Or les espèces échouées sont fréquemment des animaux qui migrent en s’aidant des champs magnétiques, comme les oiseaux. Dans certains sites, les champs magnétiques sont perturbés et leur direction est perpendiculaire aux côtes au lieu d'être parallèle, ce qui pourrait expliquer le phénomène, propose le scientifique. Mais cette hypothèse est moins probable que la précédente. »

Pollution sonore ?

D'autres possibilités sont également proposées par Oliver van Cunnyet, mais avec moins de conviction, comme le fait que les globicéphales aient pu être poursuivis par des prédateurs - des orques en l'occurrence - ou bien qu'ils aient été perturbés par des nuisances sonores (prospection pétrolière, sonars marins...) comme cela avait déjà été le cas pour des baleines à bec.

Un phénomène complexe donc, et qui reste encore bien mystérieux pour la communauté scientifique. La pollution marine ne doit pas non plus aider ces animaux à vivre sereinement. La France n'est pas épargnée par le phénomène puisque, même s'il s'agit rarement d'échouage massif, « 300 à 800 mammifères marins s'échouent chaque année sur les côtes françaises », conclut Oliver van Canneyt.

 

https://www.futura-sciences.com/planete/nature/zoologie/

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2020-02-26T17:32:43+01:00

Mix : CELIANE "TU N'AS PAS SU DIRE NON" Violences faites aux femmes- Maltraitance conjugale

Publié par Rose du Sud

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2020-02-20T09:50:50+01:00

Jacques Higelin, la vie, l’amour, la mort (1940-2018)

Publié par Rose du Sud

Musicien, compositeur, acteur et écrivain, Jacques Higelin comptait parmi les chanteurs les plus aimés des français, touchant au cœur la génération post-68. Un succès qui culminera dans les années 1990-2000, période durant laquelle son personnage facétieux, direct et ésotérique, fera merveille.

Le chanteur Jacques Higelin se produit durant le 8ème Printemps de Bourges, le 3 avril 1984.

Le chanteur Jacques Higelin se produit durant le 8ème Printemps de Bourges, le 3 avril 1984. Crédits : DANIEL JANIN - AFP

C’était un homme magnifique mais un homme blessé, son puissant égocentrisme était de l’ordre de la survie, il se protégeait. Il fuyait avec constance tout ce qui pouvait sembler l’emprisonner ou le contraindre. Par ailleurs, il donnait énormément, sans compter, dans son art, dans sa musique, dans ses histoires d’amitié. Arthur H, fils de Jacques Higelin

 

Article complet et écouter

https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/jacques-higelin-la-vie-lamour-la-mort-1940-2018

 

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2020-02-18T17:56:00+01:00

Des nuages au coucher du soleil

Publié par Rose du Sud

Parfois, si on observe le ciel, qu'il soit couvert, nuageux ou d'un bleu intense, il est toujours différent.


À l'heure ou se couche le soleil, ses rayons colorent les nuages et l'on peut assister à un joli spectacle coloré, mais éphémère.
Un temps pour contempler.

Musique :
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Des nuages au coucher du soleil

Il est une heure délicieuse le soir,
Où dans l’air rempli de douceur,
Au moment où disparaît le soleil,
J’aime regarder le ciel,
Les regards toujours attirés par les nuages,
Fugitifs éphémères de passage,
S’étirant, s’enfuyant,
Selon les humeurs du temps,
Se colorant d'une aura de lumière,
En clarté inondant,
Juste quelques instants,
Le temps de poser quelques regards,
Permettant de méditer, de contempler,
Dans un moment de paix,
Un temps où l’on resterait là sans fin,
Dans les mains du Divin…

Danielle Jeantet le 04/02/2019

 

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2020-02-17T06:48:00+01:00

Merveilleux voyage aérien - nature - montagnes - beauté et musique zen relaxation (F. Amathy)

Publié par Rose du Sud

Un très beau voyage aérien, au cœur de la nature et au dessus des montagnes, accompagné d'une musique zen relaxation de Frantz Amathy.

Musique de bien-être, relaxation et méditation de Frantz Amathy.

Musiques zen pour le yoga, les soins énergétiques, le reiki, les massages ou tout simplement pour créer une atmosphère zen chez vous. http://www.musique2relaxation.com/

https://www.cdbaby.com/Artist/FrantzA...

https://itunes.apple.com/fr/artist/fr...

 

 

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2020-02-14T05:35:00+01:00

Chronique d'un antisémitisme d'aujourd'hui - Reportage France 2 (28/01/20)- Envoyé spécial. L'antisémitisme au quotidien - 25 avril 2019 (France 2) - Plus jamais cela ...

Publié par Rose du Sud

Ce film prend Toulouse pour laboratoire de la dérive de la société française qui assiste à des répétitions de violences contre les citoyens juifs et la montée d'un climat délétère. Après plusieurs siècles d'intégration, l'antisémitisme pousse les juifs à s'installer dans un exil intérieur, dernière étape avant le «judaïsme clandestin». Depuis l'attentat de l'école Ozar Hatorah, qui a coûté la vie à trois enfants et à un professeur en 2012, la communauté juive vit au quotidien dans une inquiétude sourde. Ce film tente de démontrer que l'hostilité et le ressentiment que suscitent les juifs doit être un problème qui concerne tous les Français.

 

En 2018, en France, les actes antisémites ont augmenté de 74%. Il y a les événements spectaculaires, mais aussi un antisémitisme banalisé mais tout aussi terrifiant : agressions, insultes, menaces, tags, courriers… Pour "Envoyé spécial", des victimes témoignent. En 2018, en France, les actes antisémites ont augmenté de 74%, suscitant indignation et stupeur. Il y a les actes spectaculaires comme la profanation du cimetière juif de Quatzenheim, dans le Bas-Rhin, ou ces croix gammées sur le portrait de Simone Veil à Paris, en février 2019. Il y a aussi ces actes du quotidien : agressions, insultes, menaces, tags, courriers. Menacés, harcelés, humiliés... Pour "Envoyé spécial", ce père de famille raconte un antisémitisme permanent, banalisé mais tout aussi terrifiant : il a vu la porte de son appartement taguée et a reçu une lettre menaçant sa famille. C’est le récit de ce couple de retraités cambriolé, ligoté et frappé dans son pavillon. C’est le témoignage de cette étudiante humiliée et harcelée par les camarades de son université… Une enquête d'Elise Menand et Kristian Autain

Il y a un devoir de mémoire, ce dont on ne veut pas se souvenir

risque de se reproduire ...

 

Rafle du Vél' d'Hiv : le déroulé des faits

Les 16 et 17 juillet 1942, plus de 13 000 Juifs vivant en région parisienne ont été arrêtés et déportés. Comment se sont passées ces journées fatales ?

https://www.lepoint.fr/histoire/rafle-du-vel-d-hiv-il-y-a-75-ans-l-horreur-17-07-2017-2143715_1615.php

En hommage à ceux qui luttent contre la barbarie, ce clip où nos formidables élèves ont accepté de se montrer avec toute leur tendresse et leur simplicité. Merci encore d'être ce que vous êtes. Grâce à vous, je continue à avoir du plaisir à travailler.

Grâce à vous, je reçois autant que je donne. Merci.

Mr de Boisvilliers Clip réalisé par les élèves de la SEGPA de Saint Maurice l'Exil.

musique : Marie Bastid

paroles : Calogéro

label : Polydor

 

 

 
 
On sait bien que dans les temps difficiles, pour beaucoup il faut un bouc émissaire, mais quel que soit le racisme, il n'est pas admissible, nous ne sommes que des poussières d'étoile dans une petite boule dans l'univers ...
Et nos différences proviennent de l'endroit où nos ancêtre très lointains se sont installés, mais nous sommes tous des humains !!

 

 

Diffuser la culture de paix et la coexistence entre les cultures, et renforcer les liens de fraternité et de solidarité entre les êtres humains. (Photo : www.albinfo.ch)

https://lematin.ma/express/2013/les-enfants-de-la-paix_appel-a-la-prevalence-de-la-tolerance/186403.html

 

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2020-02-13T09:09:33+01:00

Insectes : un demi-million d’espèces en danger d’extinction !

Publié par Rose du Sud

Depuis le début de l'ère industrielle il y a environ 200 ans, les experts estiment que 5 à 10 % des espèces d'insectes ont déjà disparu. Et le rythme de ces extinctions pourrait bien s'emballer, nous alertent-ils aujourd'hui. Tout en nous suggérant quelques solutions pour inverser la tendance.

C'est un nouveau signal d’alerte que les scientifiques lancent à l'humanité. Sur notre Planète, un million d'espèces animales et végétales risquent actuellement l'extinction. Et selon les experts, la moitié d'entre elles seraient des insectes« C'est extrêmement préoccupant. D'autant que nous ne parlons là que de la partie émergée de l'iceberg », a déclaré à l'AFP Pedro Cardoso, biologiste à l'université d'Helsinki (Finlande) et principal auteur de cet état des lieux.

Les activités humaines sont responsables de la disparition des insectes

« Seulement 10 à 20 % des espèces d’insectes et d'autres d'invertébrés ont été décrites et nommées. Et parmi celles-ci, nous en savons généralement très peu. À peine une brève description, peut-être une partie du code génétique et un seul habitat », poursuit le chercheur. « Mais une chose est certaine, les activités humaines sont responsables de pratiquement toutes les disparitions d'insectes observées. »

Les principales causes identifiées par les chercheurs sont les suivantes : les destructions d'habitats, la pollution - y compris celle liée à des pratiques agricoles néfastes -, les espèces invasives, le réchauffement climatique, la surexploitation - pour l'alimentation par exemple - ou encore l'extinction d'espèces interdépendantes.

Les insectes comestibles ont toujours fait partie du régime alimentaire des hommes. Et à travers le monde, certains rapportent que les récoltes sont aujourd’hui de plus en plus longues et délicates, vraisemblablement du fait d’une augmentation du nombre de récolteurs et d’une diminution du nombre d’insectes. Longtemps considérée comme inépuisable, la ressource ne l’est finalement pas réellement. © nicemyphoto, Adobe Stock

Il y a urgence à préserver les insectes

« Une espèce d'insecte qui disparaît, ce n'est pas juste une espèce de plus éteinte. C'est aussi la perte d'un élément de la chaîne alimentaire, de gènes uniques ou de substances qui pourraient nous manquer un jour pour guérir une maladie », ajoute Pedro Cardoso. Sans parler des services rendus par les insectes aux écosystèmes : la pollinisation, le compostage, le cycle des nutriments et la lutte contre les ravageurs.

C'est pourquoi en parallèle, un autre article scientifique propose des solutions pratiques pour enrayer la machine. Des solutions à mettre en œuvre à l'échelle de tout un chacun. Parmi elles :

  • éviter de tondre sa pelouse trop fréquemment pour offrir aux insectes abris et nourriture ;
  • éviter les pesticides ;
  • planter des arbres indigènes ;
  • ne pas ramasser les feuilles mortes.

Mais, si ce que nous faisons à l'échelle de nos jardins peut avoir un impact local, « seuls une prise de conscience collective et un effort coordonné pourront rétablir les populations d'insectes à l'échelle de la planète », prévient Michael Samways, chercheur à l'université de Stellenbosch (Afrique du Sud). À quoi pense-t-il plus exactement ? À la transformation des pratiques agricoles, par exemple. Ou à la conservation des forêts primaires. Mais aussi, bien sûr, à la limitation du réchauffement climatique.

  • L’humanité pousse de nombreux écosystèmes au-delà de leurs limites ce qui entraîne la disparition massive d’insectes.
  • Or les insectes rendent à l’humanité des services essentiels et irremplaçables.
  • Des solutions existent pour sauver les espèces menacées.

Le déclin des insectes est plus important que prévu

Des papillons les plus enchanteurs aux moustiques les plus agaçants, il existe près d'un million d'espèces d'insectes sur notre Planète. Peut-être plus. Mais aujourd'hui, des chercheurs nous apportent des preuves irréfutables du déclin à grande échelle du nombre et de la diversité de ces insectes et, plus largement, des arthropodes.

Les populations d’insectes sont en danger. L'étude présentée aujourd'hui par des chercheurs de l'université de Munich (Allemagne) n'est pas la première à en arriver à cette conclusion. Mais, là où les précédentes études s'intéressaient à la biomasse -- c'est-à-dire au poids total de tous les insectes -- ou à des espèces en particulier, celle-ci se veut bien plus large.

Les chercheurs ont collecté plus d'un million d'insectes sur quelque 300 sites en Allemagne. Résultat : parmi les 2.700 espèces étudiées, nombre d'entre elles sont en déclin. Que ce soit dans les régions forestières ou dans les prairies, les scientifiques ont dénombré environ un tiers d'espèces d'insectes en moins entre 2008 et 2017. Et certaines espèces, déjà rares, semblent même avoir disparu.

Pour les chercheurs de l’université de Munich (Allemagne), l’agriculture est responsable du déclin marqué des insectes depuis quelques années. Pourtant, elle dépend énormément des capacités de pollinisation de ces mêmes insectes. © PublicDomainPictures, Pixabay License

L’agriculture sur le banc des accusés

Tous les sites étudiés sont concernés. Y compris les forêts « vierges » situées dans des zones protégées. Toutefois, les pertes les plus importantes ont été enregistrées dans des prairies situées à proximité de terres cultivées de manière intensive. Les espèces les plus touchées étant aussi celles qui sont les moins mobiles. Une baisse de pas moins de 67 % de la masse totale des insectes a été enregistrée dans ces zones. Un déclin que les scientifiques attribuent naturellement aux pratiques agricoles.

Dans les zones boisées, les insectes les plus touchés sont ceux qui sont capables de couvrir de longues distances. Peut-être parce que ces insectes peuvent également se trouver en contact avec l'agriculture« Mais des études supplémentaires seront nécessaires pour le confirmer », conclut Martin Gossner, chercheur.


Les insectes pourraient avoir disparu de la surface de la Terre d’ici 100 ans !

Qu'ils volent ou qu'ils rampent, les insectes ne sont pas de ceux dont nous aimons à nous émouvoir. Pourtant, de leur survie dépend aussi celle de nombreux écosystèmes. Et aujourd'hui, les chercheurs sont inquiets. Selon eux, les insectes pourraient avoir disparu de la surface de la Terre d'ici 100 ans.

Une extinction de masse est en cours dans le monde des insectes. En cause : la destruction de leurs habitats. La coccinelle fait partie de l’ordre des coléoptères, l’un des plus menacés. © blackdiamond67, fotolia

Quelque 86 % de papillons monarques en moins en Californie et 76 % d'insectes volants en moins au cours des trois décennies écoulées en Allemagne. Des abeilles en difficulté. Depuis quelques années, les observations scientifiques pouvaient laisser craindre le pire. Aujourd'hui, un rapport confirme le déclin généralisé des populations d'insectes à travers le monde. Selon ces chercheurs qui ont compilé 73 études menées sur 40 ans, plus de 40 % des espèces d'insectes sont en déclin dans le monde et un tiers des espèces sont en voie de disparition.

« Cela se passe à une vitesse incroyable. Dans 100 ans, tous les insectes pourraient avoir disparu de la surface de notre planète, s'inquiète Francisco Sanchez-Bayo, biologiste à l'université de Sydney (Australie). Si ce déclin ne peut pas être enrayé, cela aura des conséquences catastrophiques pour les écosystèmes de la planète et pour la survie de l'humanité. »

Car les insectes, s'ils ont toujours un peu mauvaise presse, apparaissent pourtant indispensables à la pollinisation des plantes. Ils savent aussi recycler les nutriments. Et ils servent de nourriture de base à un certain nombre d'autres animaux comme les oiseaux, les reptiles, les amphibiens ou encore les poissons.

Selon une étude, l’état de la biodiversité des insectes est « épouvantable » et leur biomasse diminue d’environ 2,5 % par an. © ROverhate, Pixabay, CC0 Creative Commons

Une destruction des habitats fatale

La plupart des travaux sur lesquels reposent ces conclusions alarmantes ont été menés en Europe ou en Amérique du Nord. Il reste donc de larges régions du globe pour lesquelles les données sont manquantes. Mais les chercheurs ne se montrent pas optimistes à cet égard. « La situation pour les invertébrés tropicaux semble encore pire. L'ampleur du déclin mondial pourrait même avoir été sous-estimée », commente Georgina Mace, chercheur au University College London (Royaume-Uni).

L'ampleur du déclin pourrait être sous-estimée

La faute au changement climatique dont les effets sur des insectes tropicaux peu tolérants aux variations de température commencent à se faire ressentir. Pourtant selon le rapport, le réchauffement climatique est loin de constituer la plus grande menace pour les insectes du monde. La principale cause de leur déclin reste la destruction des habitats due à l'agriculture intensive et à l'urbanisation. La pollution aux pesticides et aux engrais ainsi que les espèces invasives ou les agents pathogènes n'arrivent qu'ensuite.

Lépidoptères, hyménoptères, coléoptères sont les taxons terrestres les plus touchés. Du côté des écosystèmes humides, quatre taxons majeurs que sont les odonates, les plécoptères, les trichoptères et les éphéméroptères ont déjà perdu une proportion considérable d'espèces. Et même si des espèces plus généralistes et plus tolérantes aux changements investissent déjà les niches laissées vacantes, la situation est préoccupante. Face à un taux de mortalité huit fois plus rapide que celui des mammifères, des oiseaux ou des reptiles, les chercheurs appellent notamment à repenser les pratiques agricoles actuelles.


Les populations d’insectes se sont effondrées en trois décennies

Des données avaient déjà attiré l'attention sur le déclin inquiétant du nombre d'abeilles ou de papillons. Aujourd'hui, des chercheurs allemands publient des chiffres encore un peu plus alarmants. Le déclin atteindrait 75 % et semble se généraliser à l'ensemble des populations d'insectes volants. 

L'avez-vous remarqué ? Nous passons de moins en moins de temps à nettoyer nos pare-brise des insectes volants morts qui s'y sont écrasés. Une étude menée par des chercheurs de la Krefeld Entomological Society (Allemagne) suggère aujourd'hui que c'est tout simplement parce que le nombre d'insectes volants a dramatiquement diminué ces dernières années.

Selon des relevés réalisés dans 63 réserves naturelles situées en Allemagne de l'ouest et du nord, entre Bonn et Cologne et jusqu'au sud de Berlin, la quantité d'insectes volants (en nombre d'individus) aurait ainsi chuté, au cours de ces 27 dernières années, de pas moins de 76 %. Avec un pic durant la saison estivale à moins 82 % !Pour compter les insectes, les entomologistes allemands ont utilisé des pièges Malaise comme celui-ci, installé en forêt en Guyane. © G. Lamarre, Q. Molto, P. Fine et C. Baraloto, Wikipedia, CC by 3.0

Un déclin encore inexpliqué

Les insectes n'ont pas toujours bonne presse auprès du public, mais pourtant une perte, tant en diversité qu'en nombre d'individus, peut provoquer des effets en cascades sur la chaîne alimentaire. Et mettre ainsi en péril tout un écosystème. D'où l'intérêt que les chercheurs portent à la question.

Y répondre n'est pas simple. Le déclin observé par les entomologistes allemands reste à ce jour inexpliqué. Leurs tentatives de le corréler à des changements de conditions météorologiques, de paysages ou de couverture végétale semblent avoir échoué. Ils ne peuvent qu'imaginer -- sans preuve formelle pour l'heure -- que la proximité de terres cultivées en agriculture intensive et l'utilisation de pesticides dans les champs voisins pourraient avoir joué un rôle.

Source

https://www.futura-sciences.com/planete/

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