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2019-07-10T06:34:19+02:00

La sonde Hayabusa-2 va de nouveau prendre des échantillons de l'astéroïde Ryugu

Publié par Rose du Sud

La Jaxa, qui s'est interrogée sur l'opportunité de réaliser une deuxième tentative pour récupérer des échantillons sur l'astéroïde Ryugu, a finalement donné son feu vert il y a quelques jours. Le but est de collecter de la matière du sous-sol de l'astéroïde, celle-ci n'ayant jamais été altérée par les rayonnements spatiaux et solaires, avec à la clé des avancées scientifiques très significatives. La manœuvre aura lieu le 11 juillet.

La Jaxa et les responsables de la mission Hayabusa-2 ont donné leur feu vert pour une deuxième tentative de récupération d'échantillons à la surface de l'astéroïde Ryugu. Cette manoeuvre est prévue le 11 juillet et n'est pas sans risque pour la sonde.

Après le succès de la première opération qui a permis de prélever des échantillons de la surface de l’astéroïde, mais sans que l'on sache exactement quelle quantité, un débat s'était ouvert pour discuter de l'opportunité de réaliser cette seconde tentative. Cette manœuvre s'annonce techniquement tout aussi compliquée que la première, voire plus. Certains, au sein de l'équipe, souhaitaient que l'on se contente des échantillons déjà prélevés plutôt que de risquer d'endommager la sonde et d'empêcher son retour sur Terre.

Comme nous l'explique Patrick Michel, directeur de recherche au CNRS, à l'Observatoire de la Côte d'Azur et membre de l'équipe scientifique de la mission, « le risque que nous prenons est mesuré et en vaut la peine du moment que toutes les mesures seront prises pour faire avorter la manœuvre si quelque chose de suspect se produit pendant l'opération ». Dont acte.

Le site choisi par l'équipe scientifique d'Hayabusa-2 pour prélever des échantillons. © Jaxa

Les échantillons les plus vieux jamais rapportés sur Terre

Le but de cette seconde tentative est de récupérer des échantillons situés à la périphérie du cratère artificiel formé par la sonde en avril. Et donc, à la différence des fragments recueillis à même le sol, qui sont altérés par les effets du vent solaire, du rayonnement ultraviolet et du rayonnement cosmique, un échantillon du sous-sol ne subit pas ces effets d'altérations qui modifient la nature physico-chimique de la surface.

Dit autrement, les scientifiques s'attendent à ce que Hayabusa-2 « prélève les échantillons primitifs les plus vieux et les plus propres, c'est-à-dire non altérés depuis leur formation, jamais rapportés sur Terre ». Parmi les avancées scientifiques attendues de leur étude, on citera « une meilleure compréhension des processus d'altérations dans l'espace ». De plus, puisque Ryugu n'est pas très hydraté par rapport à Bennu (par exemple), la bande d'hydratation étant très faible, il s'agira de « savoir si cette propriété est intrinsèque à tout le corps ou si la déshydratation de la surface peut être à l'œuvre à cause à la chaleur solaire ». S'il s'avère que les échantillons de la sous-surface sont plus riches en minéraux hydratés que ceux de la surface, nous aurons la réponse, ce « qui est extrêmement utile pour comprendre l'histoire de Ryugu et les propriétés de son corps d'origine ».

  • Une deuxième tentative d'Hayabusa-2 va avoir lieu jeudi 11 juillet pour recueillir des échantillons sur l'astéroïde Ryugu.
  • Le but est de récupérer de la matière des éjectas du cratère artificiel formé par la sonde en avril dernier. 
Pour en savoir plus
 

Hayabusa-2 a réussi à créer un cratère artificiel sur l'astéroïde Ryugu !

Article de Rémy Decourt, publié le 06/04/2019

Quelle performance ! La sonde Hayabusa-2 de la Jaxa a réussi l'exploit de former un cratère artificiel sur la surface de Ryugu. De la matière du sous-sol de l'astéroïde qui n'a jamais été altérée par les rayonnements spatiaux et solaires a très certainement été mise à nu. Pour en avoir le cœur net, il faut attendre le retour sur site de la sonde pour réaliser des mesures qui raconteront le passé de cet astéroïde.

Nouvel exploit. La sonde Hayabusa-2 a réussi à former un cratère artificiel à l'intérieur duquel elle devrait récupérer des échantillons qui n'ont pas été altérés par les effets du vent solaire, du rayonnement ultraviolet et du rayonnement cosmique. « Une première historique » tient à nous préciser Patrick Michel, directeur de recherche au CNRS à l'Observatoire de la Côte d'Azur et membre de l'équipe scientifique de la mission. Après la récupération d'échantillons de la surface de Ryugu, en février 2019, Hayabusa-2 « vole » ainsi de succès en succès « bien que toutes ces opérations de récupération d'échantillons et de formation d'un cratère soient d'une incroyable complexité ».

Pour former ce cratère artificiel, à l'intérieur duquel la sonde devrait « peut-être mais cela n'a pas encore été décidé » prélever des échantillons, Hayabusa-2 a réalisé plusieurs manœuvres.

Sur Ryugu, le jet de matière éjectée trois à quatre secondes après l'impact. Cette image a été acquise avec la caméra analogique basse résolution DCAM3. © Jaxa, Kobe University, Chiba Institute of Technology, The University of Occupational and Environmental Health, Kochi University, Aichi Toho University, The University of Aizu, and Tokyo University of Science

Elle a d'abord libéré une « petite boîte » avant que la sonde ne s'écarte pour libérer la petite caméra DCAM3, destinée à filmer le tir, et parte se « mettre à l'abri derrière l'astéroïde ». Tout cela en seulement 40 minutes.  En principe, à 11 h 36, la boîte a explosé « pour donner de la vitesse à un projectile de 2 kg qui a tapé à 7.200 km/h la surface de Ryugu ! » Quatre heures d'attente ont été nécessaires avant d'avoir les premières images de la DCAM3, qui « ont confirmé que l'impact s'est bien produit en montrant un jet de matière sortant de la surface de l'astéroïde ». Ce qui a fait « sauter de joie toute l'équipe et crier à un niveau de décibels tel que tout Tokyo a dû nous entendre ! ».

Avant d'avoir des images de très bonne qualité de ce cratère artificiel, « voire le film de l'impact », l'équipe scientifique doit « attendre plusieurs jours ». Quant à avoir des informations sur les propriétés de ce cratère, en termes de dimension et de morphologie, deux semaines seront nécessaires avant qu'« Hayabusa-2 revienne sur le site pour l'explorer ».

Mais malgré l'absence de ces images, on peut d'ores et déjà dire que l'opération a été une très grande réussite.


Hayabusa-2 s’apprête à créer un cratère sur l'astéroïde Ryugu pour récupérer des échantillons

Article de Rémy Decourt, publié le 04/04/2019

Après avoir collecté des échantillons de la surface de l'astéroïde Ryugu, la sonde Hayabusa-2 va en récupérer de son sous-sol. Pour cela, elle va utiliser un impacteur, doté d'une charge explosive, pour créer un cratère ! Le but est de recueillir de la matière qui n'aurait pas été altérée durant des millions d'années par différents rayonnements.

Après avoir réussi à prélever des échantillons sur l’astéroïde Ryugu, lors d'une manœuvre complexe consistant à aller au contact de la surface, la sonde Hayabusa-2 se prépare à une nouvelle tentative encore plus audacieuse.

Cette fois-ci, l'idée est de récupérer des échantillons situés sous la surface de l'astéroïde. Comment ? En éjectant un impacteur d'environ 2 kilogrammes, qui inclut une charge explosive, à la vitesse de deux kilomètres par seconde, soit pratiquement Mach 6 ! Le but est de former un cratère d'impact dans ou à proximité duquel sera prélevé ou non ce deuxième échantillon. Les explications de Patrick Michel, directeur de recherche au CNRS à l'Observatoire de la Côte d'Azur et membre de l'équipe scientifique de la mission.

Le scénario de la manœuvre du 5 avril qui prévoit le lancement d'un projectile pour former un cratère de deux à dix mètres de diamètre sur la surface de l'astéroïde Ryugu. © Jaxa

Une incertitude excitante pour les scientifiques

L'impact est prévu à 11 h 36 du matin, heure japonaise, le 5 Avril (04 h 36, heure de Paris). « C'est la première fois qu'on tente une telle expérience dans l'espace, et la première fois que l'on va faire un impact à l'échelle d'un astéroïde », explique le chercheur. Cela risque de bouleverser notre « compréhension du processus de cratérisation sur ces objets, basée sur les expériences en laboratoire sur des cibles centimétriques dans les conditions de gravité terrestre et sur les modélisations numériques validées uniquement à ces échelles ».

Donc, les chercheurs de la mission scientifique ne savent vraiment pas à quoi s'attendre, même si d'après leurs calculs, ils estiment que le cratère pourrait faire entre 2 et 10 mètres de diamètre. « Ces estimations sont loin d'être certaines, précise-t-il. Et si elles sont contredites, cela nous obligera à réviser beaucoup de choses, ce qui n'est pas nécessairement pour me déplaire car un chercheur adore les nouveaux défis ! » Par exemple, l'âge de la surface dépend de « l'abondance des cratères et de la relation entre taille du projectile et taille du cratère ». Cette relation, si elle s'avère très différente de celle actuellement utilisée selon le résultat de l'impacteur, permettra, estime le chercheur « de fournir un âge bien plus réaliste (et probablement très différent) par rapport à celui estimé actuellement ». En effet, l'âge de Ryugu, « qui tient compte de cette incertitude, est de l'ordre de 100 millions à 1 milliard d'année ».

« Nous attendons tous cela avec une grande impatience, et aussi une grande appréhension car c'est vraiment une opération à haut risque. Mais c'est bien pour cela que je pousse, dans le domaine spatial, à prendre des risques, ne pas avoir peur des nouveaux défis et d'un échec, car c'est comme cela que l'on fera de grandes avancées. Cette mission montre que mes collègues japonais l'ont bien compris et mis en application. »

Avec cet impact, les scientifiques sauront si « le matériau qui constitue Ryugu est fragile ou résistant, s'il s'enfonce ou se casse ». Et qui sait, peut-être cela « produira des volatiles si les minéraux hydratés qui constituent Ryugu se vaporisent. »

Pour ne pas endommager Hayabusa-2 et éviter la collision d'éjectas, la sonde sera positionnée derrière l'astéroïde au moment de l'impact. L'impacteur sera séparé de la sonde 40 mn avant l'impact. Avant l'explosion, la sonde déploiera également « la caméra DCAM3 qui devrait observer l'impact, puis Hayabusa-2 ira se mettre dans sa zone de protection ». Elle devrait revenir voir le cratère deux semaines plus tard, dès que les débris du cratère formé seront retombés au sol.

Les scientifiques de la mission espèrent une image par la caméra d'Hayabusa2 qui montrera le SCI une fois déployé avant son explosion, et  -- rêve de Patrick Michel -- que la caméra DCAM3 fournisse une « belle image » de l'impact et de son résultat (taille du cratère, abondance et champ de vitesse des éjectas). Si c'est le cas, les images devraient arriver dans la soirée du 5 avril.

Vidéo  FB

https://www.facebook.com/watch/?v=399664824186396

Une opportunité inédite d’étudier le matériau le plus primordial du Système solaire

Si les responsables donnent le feu vert à une deuxième récolte d'échantillons, la sonde viendra prélever des matériaux qui, pour le coup, seront les échantillons primitifs les plus vieux et les plus propres, c'est-à-dire non altérés depuis leur formation, jamais rapportés sur Terre. « Pour l'instant, l'hypothèse de travail reste qu'une deuxième récolte sera effectuée mais la décision finale interviendra quand on aura effectué l'impact et analysé ses conséquences. »

À la différence des échantillons récupérés à même le sol, qui sont altérés par les effets du vent solaire, du rayonnement ultraviolet et du rayonnement cosmique, un échantillon du sous-sol ne subit pas ces effets d'altérations qui modifient la nature physico chimique de la surface.

Pour maximiser le retour scientifique, la sonde a effectué des reconnaissances à très faibles altitudes de la zone où le cratère est susceptible d'être généré, afin de pouvoir comparer la surface avant et après la formation du cratère. Hayabusa-2 devrait repartir de l'astéroïde Ryugu en décembre 2019 en vue d'un retour sur Terre des échantillons collectés, un an plus tard, soit en décembre 2020.

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2019-07-07T10:00:04+02:00

Zone rouge documentaire complet - [EXTRAIT] Les Films d'ici - Pétition ...

Publié par Rose du Sud

Documentaire complet ...

L'usine d'alumine de Gardanne fait couler beaucoup d'encre depuis 50 ans.

Elle divise aujourd'hui encore le gouvernement, dresse les ecologistes contre ses employes ou les pecheurs aux exploitants des mines.

Les industriels qui ont successivement dirige cette usine se sont ingenies a inventer des astuces pour faire croire a l'innocuite des boues, pourtant toxiques, qui sont rejetees dans la Mediterranee.

 

 

Extrait, le début du documentaire

 
Enquête sur un demi-siècle d’une pollution couverte par l’État :
 
les boues rouges de Gardanne. Green-washing, science-washing, à Gardanne, l’industrie d’alumine déploie depuis 50 ans des trésors d’ingéniosité pour faire accepter tant aux autorités politiques, scientifiques et sanitaires qu’aux populations, l’innocuité prétendue des boues toxiques (résidus de la transformation de la bauxite en alumine) et leur rejet en Méditerranée.
 
*Histoire d’une désinformation toxique.
 
Un film documentaire de Laëtitia Moreau et Olivier Dubuquoy
 
Une pollution qui ne se voit pas...
 
 
Pétition

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2019-07-05T13:22:08+02:00

Les avocats du diable

Publié par Rose du Sud

Au Mexique, premier producteur mondial d'avocats, l'explosion de la demande vire au cauchemar. Racket des narcotrafiquants, déforestation, maladies dues aux pesticides...

"l'or vert" coûte cher à la population. Un reportage d'"Envoyé spécial". La France raffole des avocats ! Nous sommes les plus gros consommateurs en Europe de ce fruit aux multiples vertus.

Mais au Mexique, premier producteur mondial, cette explosion de la demande vire au cauchemar. Dans l’Etat du Michoacán, en trente ans, les plantations d’avocatiers ont triplé.

Catastrophe écologique : plus de 150 000 hectares de forêts ont été rasés pour cultiver ce fruit qui rapporte beaucoup d’argent.

Désastre sanitaire ensuite : l’utilisation massive de pesticides cancérigènes dans les plantations empoisonne les travailleurs et les habitants. Une enquête de Virginie Vilar, Alex Gohari, Nils Montel et Vivien Roussel, diffusée dans "Envoyé spécial" le 21 septembre 2017.

Le site de l'émission : http://www.francetvinfo.fr/replay-mag...

Toute l'actualité sur franceinfo : http://www.francetvinfo.fr/

Notre Facebook : https://www.facebook.com/envoyespecia...

Notre Twitter : https://twitter.com/EnvoyeSpecial

 

 

 

 
 

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2019-06-28T15:42:50+02:00

La canicule est un enfer pour les SDF et pour les prisonniers

Publié par Rose du Sud

  Justine Guitton-Boussion (Reporterre) 

Pendant les périodes de canicule, certaines catégories de personnes sont plus vulnérables à la chaleur. Les sans-abri sont notamment très touchés. Des associations maraudent pour les soutenir matériellement et, surtout, pour créer un lien social.

  • Sevran, Tremblay-en-France, Bondy (Seine-Saint-Denis)

« Allez, prenez une bouteille d’eau ! » Les bénévoles de l’équipe territoriale de la Croix-Rouge Seine-Saint-Denis insistent pendant leur maraude, mercredi 26 juin, pour que les personnes vivant dans la rue pensent à s’hydrater. Durant les périodes de canicule, les sans-abri sont un public très vulnérable face à la chaleur. « Non, c’est bon, j’ai déjà bu tout à l’heure », répondent la plupart des hommes venus se regrouper autour du camion de l’association, sur le parking du centre commercial Beau-Sevran. « Les gens qui vivent dans la rue restent sur l’idée que s’ils n’ont pas soif, ils n’ont pas besoin de boire d’eau », regrette Samuel Macé, directeur territorial de l’action sociale de la Croix-Rouge 93. En file indienne, une dizaine d’hommes se succède pour plutôt récupérer du pain, une soupe, un café ou des biscuits. « Ça va, la chaleur, vous vous sentez bien ? », demande Jérôme, un des maraudeurs, à chaque sans-abri qui se présente devant le camion. « Ça va, merci », répondent-ils doucement.

Sur le parking du centre hospitalier Robert-Ballanger, Hassan, 52 ans, ne se plaint pas non plus de la canicule. L’homme aux yeux pétillants vit dans sa voiture, garée stratégiquement sous de grands arbres, depuis près d’un an. Avec fierté, il pointe du doigt les sièges baissés de l’automobile, recouverts de plusieurs couvertures. « Quand les feuilles des arbres bougent avec le vent le soir, il y a une fraîcheur à l’intérieur de la voiture. Vous n’avez plus envie de partir ! » dit-il en riant. Avec entrain, il explique aux maraudeurs qu’il pense à s’hydrater régulièrement : « Vous passez pour me donner de l’eau, je vais au distributeur automatique de l’hôpital, ou alors je passe à l’épicerie acheter une grosse bouteille d’eau fraîche. Tout va bien ». Hassan trouve un seul inconvénient à la chaleur : la présence des moustiques. « Mais je vais bientôt acheter une moustiquaire », relativise-t-il.

Hassan reste sous les arbres pendant la canicule, pour ne pas souffrir de la chaleur.
« Je suis très fatigué à cause de la chaleur » 

Les bénévoles restent bavarder pendant une demi-heure avec cet homme qu’ils ont appris à connaître au fil de leurs actions. Ensemble, tous évoquent des souvenirs communs et bavardent joyeusement. « On est complémentaires avec les Restos du cœur. On n’apporte pas un vrai repas entrée-plat-dessert, on est plutôt là pour papoter et créer du lien », dit Samuel Macé, en remontant dans le camion. Jérôme, au volant, et les trois autres bénévoles, Samuel, Caroline et Senam, sont à l’affût. Ils scrutent les rues qui défilent pour repérer des personnes susceptibles d’avoir besoin d’aide. Le camion blanc et rouge circule tranquillement, s’arrêtant à chaque lieu où des sans-abri ont l’habitude de se trouver. S’ils sont présents, ils sont rejoints par les maraudeurs, qui descendent discuter et leur proposer une boisson ou un en-cas. Sinon, le véhicule reprend la route.

Caroline et Senam, deux maraudeurs de l’équipe territoriale de la Croix-Rouge Seine-Saint-Denis.

Le soleil se couche lentement, la température redescend progressivement. Un petit vent souffle, rafraîchissant l’atmosphère lourde de la journée. Sur un parking de Tremblay-en-France, assis sur le trottoir à la lumière des lampadaires, Nicolae et Saing semblent attendre le camion de la Croix-Rouge. Les deux hommes adressent aux bénévoles un grand signe de la main en les apercevant. Café, bouteille d’eau, morceau de pain. La routine de distribution recommence. Nicolae réclame également un t-shirt, Saing préfère demander une paire de sandales. « Je suis très fatigué à cause de la chaleur », confesse-t-il. Lui aussi vit dans une voiture depuis quelques semaines. En pleine journée, lorsque le mercure bat des records, il préfère la quitter et s’abriter dans un parc ombragé.

Les maraudeurs distribuent des boissons et des vêtements à Saing.

À Bondy, Fabien subit également une forte fatigue. L’homme grand et barbu ne dort plus dans son automobile, la chaleur y étant trop suffocante. Lorsque la nuit tombe, il installe ses couvertures et l’ensemble de ses affaires entre deux véhicules. Sur le toit de sa voiture trônent une multitude de bouteilles plastiques, remplies de soda, d’eau ou de café. « Ah, ça me fait plaisir de vous voir ! » s’exclame-t-il en reconnaissant les bénévoles. Fabien se lève péniblement de sa couchette, demande gentiment un café à Jérôme. « C’est très difficile. J’ai trop chaud, je suis fatigué », souffle-t-il. « Il faut que tu te mettes au frais pendant la journée, insiste le directeur territorial. Va au centre commercial, par exemple ! Tu bois assez d’eau pendant la journée ? » L’homme acquiesce doucement. C’est décidé, le lendemain, il ira s’abriter dans un parc de Bondy.

« Si vous voyez un SDF, regardez-le. Déjà, si vous le regardez, c’est une dignité. Et puis souriez-lui, dites-lui bonjour » 

La maraude s’achève après une heure du matin, à l’hôpital Jean-Verdier, à Bondy. À l’entrée des urgences, cachés sous des tables, dorment Mohamed, son épouse, enceinte de jumeaux, et leurs cinq autres enfants. La famille vient de Gambie et est arrivée en France au mois de mars, après un passage en Espagne. « Je n’en peux plus, dit Mohamed. Pendant la journée, on marche dans la rue, dans les parcs. On se protège du soleil. Et le soir, on dort à l’hôpital. » Il retient ses larmes, manifestement épuisé. Il chuchote qu’il se sent seul et abandonné. Qu’il ne sait plus quoi faire. Les bénévoles tentent de lui apporter du réconfort avec un thé et des biscuits, à distribuer aux enfants. Mohamed les remercie puis retourne se coucher sous les tables.

Nicolae a quitté la Roumanie pour la France en 2002. Depuis, il alterne entre dormir dans les centres d’accueil et vivre dans sa voiture.

La Croix-Rouge n’est pas la seule association à organiser des maraudes dans toute la France pour essayer de protéger de la chaleur les personnes vivant dans la rue. Mais les constats des autres sont identiques. « Je suis intimement convaincu que les SDF souffrent beaucoup plus l’été que l’hiver, dit François Régnier, secrétaire de la fédération de Paris du Secours populaire français. Des couvertures, on en trouve partout. Une station de métro ou un porche [pour se protéger du froid], on arrive à en trouver. Mais quand il fait très chaud (…) on ne peut pas faire grand-chose. » Lorsqu’on lui demande quels moyens pourraient être mis en place pour faciliter ces périodes de chaleur aux sans-abri, il répond tout simplement : changer le regard des gens. « Je pense que s’il y avait un regard de l’ensemble de la population vers les SDF, ce serait déjà énorme, explique-t-il. Et ce regard peut remplacer tous les moyens qu’on mettra en œuvre, parce qu’il peut permettre de développer un contact. J’interviens régulièrement dans des classes de CM1 et CM2 pour sensibiliser les enfants au fait qu’il y a des gens dans la rue. Ils me demandent ce qu’ils peuvent faire, et je leur dis : “Si vous voyez un SDF, regardez-le. Déjà, si vous le regardez, c’est une dignité. Et puis souriez-lui, dites-lui bonjour.” Si l’ensemble de la population pouvait regarder les SDF, discuter avec eux, échanger deux mots, leur donner un pomme ou un verre d’eau, ça remplacerait toutes les actions municipales. C’est à nous de décider de faire quelque chose. »


PENDANT LA CANICULE, LESTENUS SUFFOQUENT

Les personnes incarcérées subissent également de plein fouet les périodes de canicule intense. Confinés dans une cellule de 9 m², qu’ils partagent parfois avec deux voire trois autres personnes, ils suffoquent. Les barreaux aux fenêtres, parfois doublés d’un grillage pour empêcher les détenus de se lancer des objets, empêchent l’air de passer. C’est ce qui avait conduit quatre prisonniers de l’établissement de Villepinte (Seine-Saint-Denis) à réaliser et publier une vidéo d’eux dénonçant leurs conditions de vie.

« À toute cette chaleur et ce confinement, il faut ajouter qu’il y a les toilettes dans la cellule, dit Julia Poirier, déléguée régionale du Genepi Île-de-France. Même quand on est seul en cellule, les canalisations sont en très mauvais état, surtout dans les vieux établissements. Elles se bouchent souvent, donc il y a des odeurs immondes. C’est 40, 50 degrés avec ces odeurs-là. »

L’accès à l’eau est parfois difficile. Même si les détenus possèdent un évier et un lavabo dans leur cellule, il peut arriver qu’ils soient déréglés à cause de la chaleur. Ils n’ont alors accès qu’à de l’eau chaude.

En règle générale, les prisonniers sont enfermés 22 heures sur 24 et ont droit à deux heures de promenade par jour. Mais les cours de promenade sont totalement dépourvues d’abri pour se protéger du soleil (ou de la pluie en hiver). En outre, si un détenu décide de sortir en promenade, il ne peut pas partir quand il veut : il doit y rester au moins une heure. Les personnes incarcérées doivent donc faire le choix entre ne pas sortir de la journée, ou aller prendre l’air pendant au minimum une heure, en sachant qu’elles ne pourront pas rentrer même si le soleil tape trop fort.

Un cas particulier existe, encore plus problématique : celui des personnes placées en isolement pour leur protection. C’est notamment le cas des femmes transgenres à la prison de Fleury-Mérogis. « L’été dernier, j’y suis allée. Elles n’ont même pas accès à une vraie cour de promenade. Ces femmes avaient deux heures de promenade qui n’était pas en cour, mais tout simplement dans une salle d’une dizaine de mètres carrés au dernier étage de l’établissement, sans plafond avec un double grillage au-dessus, sans air. »

« Les prisonniers parlent de cette situation avec beaucoup de colère, d’énervement et d’incompréhension », raconte Julia Poirier. Ils voient à la télé que des mesures sont prises contre la canicule en France, et ont l’impression d’en être exclus. D’après Julia Poirier, quelques éléments simples pourraient être mis en place : une distribution d’eau systématique, un assouplissement des conditions de temps de promenade, placer des constructions amovibles pour faire de l’ombre, voire une installation systématique de ventilateurs dans les cellules.

 

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Source

https://reporterre.net/Biodiversite

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2019-06-23T07:46:27+02:00

Né Quelque Part

Publié par Rose du Sud

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille

On choisit pas non plus les trottoirs de Manille De Paris ou d'Alger Pour apprendre à marcher

Etre né quelque part Etre né quelque part c'est toujours un hasard

nom'inqwando yes qxag iqwahasa (2 fois)

y a des oiseaux de basse cour et des oiseaux de passage

Ils savent ou sont leur nids,

quand ils rentrent de voyage ou qu'ils restent chez eux

Ils savant ou sont leur oeufs

être né quelque part, Etre né quelque part c'est partir quand on veut, Revenir quand on part

Est-ce que les gens naissent Egaux en droits A l'endroits Ou il naissent

nom'inqwando yes qxag niqwahasa

Est-ce que les gens naissent Egaux en droits A l'endroit Ou ils naissent

Que les gens naissent Pareils ou pas

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille

On choisit pas non plus les trottoirs de Manille De Paris ou d'Alger Pour apprendre à marcher

Je suis né quelque part

Je suis né quelque part

Laissez moi ce repère Ou je perds la mémoire

Nom'inqwando yes qxag iqwahasa

Est-ce que les gens naissent Egaux en droits A l'endroit Ou ils naissent

Né quelque part est une chanson de Maxime Le Forestier, paru en single en ,

puis sur l'album du même nom le 1.

Écrite et co-composée par Le Forestier, avec la collaboration de Jean-Pierre Sabar, le titre marque un retour durable du chanteur vers le succès après plusieurs années de traversée du désert, puisqu'il parvient à se classer durant onze semaines au Top 50, dont une à la 26e place.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9_quelque_part_(chanson)

Né Quelque Part, un film au cinéma le 19 juin 2013

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Tewfik JALLAB et Jamel DEBBOUZE dans le film de Mohamed Hamidi. Farid, jeune Français de 26 ans, doit se rendre en Algérie pour sauver la maison de son père.

Découvrant ce pays où il n'a jamais mis les pieds, il tombe sous le charme d'une galerie de personnages étonnants dont l'humour et la simplicité vont profondément le toucher.

Parmi eux, son cousin, un jeune homme vif et débrouillard qui nourrit le rêve de pouvoir rejoindre la France...

Né quelque part, Vidéo Extrait & Making Of du film # 1 "Le Voyage en Algérie"

Ne ratez pas la bande annonce et les autres vidéos du film !

Avec Tewfik JALLAB, Jamel DEBBOUZE, Fatsah BOUYAHMED, Abdelkader SECTEUR, Fehd BENCHEMSI, Mourad ZAOUI, Miloud KHETIB, Mohamed MAJD, Julie DE BONA, Zined OBEID et Malik BENTALHA.

 

 

 

Né Quelque Part" de Jamel film

Film complet

dailymotion

 

https://www.dailymotion.com/video/x4qn3f2

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2019-06-23T06:48:46+02:00

Témoignage de M. Guy Yot - Samu Social de Paris

Publié par Rose du Sud
Guy Yot a été accompagné par la Mission Interface du Samusocial de Paris.

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